Mon carnet de yogi voyageur: le dharma d'hier et d'aujourd’hui -

Voyager est un exercice passionnant, chacun à sa façon synthétise, absorbe puis relate son expérience sous forme de textes de photos ou en un partage entre amis. C'est autant une aventure qu’une auto-analyse parce que nous arpentons une forme d'inconnu, et nous sommes ainsi amené à sonder des parties cachées de nous-mêmes. S'interesser à une culture qui n'est pas la sienne entrebaille une fenêtre sur un paysage insolite, ou la transmission de savoirs, de savoir-faire et de savoir être, ouvrent souvent de belles perspectives. Cela se révéle d'autant plus vrai pour le yogi-voyageur qui se retrouve rapidement exposé à la culture indienne et à ses nombreuses sources de connaissances qui une fois importées dans notre environnement culturel nécessitent alors bien des ajustements.

Que peut être le sens de dharma et de l’adharma venant d'un contexte indien ?

Très répandue en Inde, son influence culturelle crée un véritable model de vie, le dharma, c'est le devoir ou l'éthique à respecter, et l’adharma, ensemble des actions et attitudes inadéquates. Dans l’Hindouisme, elle prend sa source dans les Veda et évoque l’ordonnance ritualisée de la collectivité, le devoir, l’ordre sociétal, pour de maintenir l’équilibre du monde. Alors que dans le Bouddhisme, la notion de dharma relève d’une doctrine spirituelle, consistant en une orientation de sa vie et en un engagement .

Au temps des Veda, entre 1500 et 500 avant notre ère, le Dieu Dharma maintient continuité et cohésion de l’univers. Les entendements religieux remontant à cette époque présentent le concept même de dharma comme ce qui soutient et règle les processus d’évolution comme d’involution. C'est ce terme polymorphe qui fonde les pratiques religieuses hindoues, bouddhistes, jain, etc. Il participe, comme garant des dispositions morales, à la vie de tous les jours. Il dérive de la racine sanscrite dhri qui signifie porter, soutenir, maintenir: support de la vie, il l’ordonne.

Dans la tradition bouddhiste, dharma signifie l’enseignement du Bouddha qui est fondé sur les quatre noble vérités. Celles-ci, après voir évoqué le fait que toute existence est douloureuse ou du moins pas toujours satisfaisante, constituent la voie médiane entre ascétisme et hédonisme vers la guérison et l’épanouissement. Le dharma est l’un des trois joyaux ou piliers fondateurs du bouddhisme. Enseignement s’appuyant sur la nécessité de l’expérience méditative, il est un moyen pour atteindre le salut. La roue à huit rayons, qui représente chacun une qualité de l’éthique bouddhique, le symbolise. Huit rayons pour les huit vertus inspirées par la voie du juste milieu ; celles-ci marquent les étapes de la quatrième noble vérité, remède pour mettre fin au cycle récurrent de la souffrance.

Selon l’interprétation tibétaine le dharma est considéré comme « la tradition de l’intériorité » ou la « science de l’esprit » comprises comme salvatrices des tourments dans nos vies. Se tourner vers l’intérieur et comprendre notre esprit ordonne notre démarche spirituelle. En se préoccupant des causes de la souffrance l’approche bouddhiste rejoint la science du Yoga : éviter la souffrance à venir.

La célèbre bhagavad-gîtâ, dans son dialogue entre Krishna, le divin instructeur et Arjuna le disciple, représentant l’être humain aux prises avec les choix cornéliens et les tourments de l’existence, accentue à plusieurs reprises l’importance de symboliser et d’intégrer la notion de dharma, ici en la personne de Krishna lui-même.

Il s’agit de découvrir le sens et la valeur de l’ordre cosmique qui régi par les lois de l’univers, son mouvement perpétuel, qui est vu aussi comme un changement constant.

C'est ce que la bhagavad-gîtâ nomme le dharma. Elle démontre la nécessité de suivre son propre cheminement; svadharma et a se rendre compte combien nous agissons par imitation ou copie avec une attente de résultat plutôt que de façon désintéressée. Elle exhorte aussi chacun à prendre conscience que nos actes nous enchaînent bien au-delà de ce que l’on pourrait concevoir. Même des actes, en apparence insignifiants, fait il y a longtemps, peuvent influencer notre réalité présente. Par leur potentiel latent, les actes élaborent ainsi une destinée construite par l’individu lui-même.

Bhagavad-gîtâ XVIII-47 : « Mieux vaut suivre sans mérite son propre dharma que de suivre même convenablement le dharma d’un autre : en accomplissant l’activité ordonnée par sa nature propre, on ne commet pas de faute ».

Nous fermons les yeux sur l’engrenage qui provoque certains malheurs bien que nous en connaissons l’origine. Il s’agit donc de reconnaître ces causes et d’agir en amont pour éviter les pièges de l’enchaînement irrémédiable conduisant à la souffrance.


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